C'est ce qu'il se profile outre-atlantique quant à la reconnaissance du génocide arménien. Etayé par les démocrates, majoritaires au Sénat américain, ce texte est contesté par l'administration Bush, soucieux de froisser son homologue Turc.
Pourtant aujourd'hui, les seuls pays ne reconnaissant ce génocide le font d'un point de vue économico-diplomatique, encore et toujours, pour ne pas refroidir les relations avec les turques et leur bel espace économique et potentiel marché...
Rappelons également que les Etats-Unis ont une base militaire infiniment stratégique en Turquie, ouvrant les portes de l'Irak, Iran et autre Afghanistan...
Maintenant revenons à la source du problème.
Le génocide arménien, kézako? Petit rappel de certains faits sur cette horreur méconnue.
Nous sommes en 1915 en pleine première guerre mondiale.
A cette époque, la minorité arménienne représente un peu moins de deux millions de personnes dans le monde ottoman. Depuis la fin de XIXème siècle, cette minorité essaye de faire valoir ces droits d'égalité avec ces congénères musulmans. Il se créé alors de nombreux groupes et partis arméniens désireux de se faire entendre auprès du sultan. La répression de cette révolte débutera par les massacres hamidiens (du sultan AbdulHamid II) dénoncés par Jaurès puis ceux de Cilicie en 1909 (~30000 morts) orchestré par le CUP (Comité Union Progrès), groupe de turcs ayant renversé le sultan mais extremement hostile à l'indépendance arménienne.
Ce même groupe utilise l'environement de la Grande Guerre pour mettre au point un plan d'épuration ethnique envers les arméniens, quelque dix sept années avant celui de la seconde guerre que l'on connait. Ces actions sont présentées comme un déplacement de population puis comme une chasse au sorcière envers les comploteurs avec l'ennemi russe. Derrière cela, des executions sommaires dans les villages où nul n'est épargné ou des déportations vers les déserts du proche orient, Syrie et autre Iraq.
Seul un tiers des arméniens survivent à ce génocide, on parle d'environ 1,2 Millions de victimes entre 1914 et 1923.
Effrayante page de notre histoire.
Pour de multiples raisons notamment financières et territoriales, le gouvernement turque ne reconnaitra pas ce génocide. Espérons seulement que ce ne soit pas le cas outre-atlantique et que la première puissance mondiale puisse reconnaitre, quelques 90 ans après, l'épouvantable catastrophe qu'à pu connaitre ce peuple.
vendredi 12 octobre 2007
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